| Depuis de nombreuses voix se sont manifestées pour relayer cette initiative. Faisons le pari que les réticences fortes qui surgissent ici ou là ne résisteront pas à la pression d’un électorat de gauche conscient de la gravité de la situation politique et désireux de l’emporter en 2007. Rappelons tout d’abord qu’il s’agit bien de primaires pour toute la gauche et, au-delà des partis, pour tous les citoyens se reconnaissant dans ses valeurs. Cela n’a rien à voir avec le vote interne prévu par l’UMP qui découvre en 2005 que le vote de ses adhérents peut s’avérer utile. Il s’agit bien de permettre aux citoyens de gauche d’entrer dans le jeu et de se réapproprier la politique. On ne peut comme le font certains à la fois plaider pour la démocratie participative ou les « forums citoyens », prétendre rendre le pouvoir au peuple, et s’opposer à une procédure démocratique qui permettrait pour la première fois à chacune et à chacun d’intervenir dans le débat majeur de notre vie politique. Certes des questions doivent être préalablement résolues. Elles ne nous paraissent pas insurmontables. Chaque parti acceptant d’entrer dans cette dynamique doit librement désigner son candidat ou sa candidate. Les militants ne sont par conséquent en rien dépossédés de leur choix au profit d’autres organisations comme on l’entend parfois. Il faut ensuite se mettre d’accord sur un projet. C’est difficile, certes, mais en toute hypothèse la gauche devra le faire. Qui peut imaginer que nous pourrons l’emporter en 2007 sans soumettre au pays un projet commun de législature ? Quel crédit pourrait-on nous accorder si nous sommes incapables, au moment de la présidentielle, de dire à nos concitoyens ce que nous souhaitons faire ensemble pour les cinq ans à venir ? Cette discussion est dans tous les cas de figure indispensable. L’obstacle n’est pas si haut devant nous. Depuis le congrès du Mans nous savons que sur l’essentiel un rassemblement est possible. Sur la question Européenne tout d’abord puisque l’engagement a été pris par tous de ne pas signer le traité constitutionnel rejeté par les Français. La réforme de la BCE, l’harmonisation sociale et fiscale, la défense de nos services publics, la démocratisation des institutions et le plan de relance pour la croissance et l’emploi, doivent permettre à la gauche de trouver les convergences nécessaires. L’engagement d’abroger les loi anti-sociales votées depuis 2002, de s’attaquer à la précarité, aux inégalités par une autre politique fiscale et salariale sont également désormais des acquis importants pour la discussion à gauche. Le changement de cap pour redonner la priorité à l’éducation, à la recherche et à la formation tout au long de la vie peuvent nous permettre d’élaborer ensemble des propositions fortes. L’évolution de nos institutions vers une nouvelle république modernisée, démocratisée redonnant au Parlement sa véritable place, peut également nous permettre d’avancer ensemble. Si chacun prend conscience de la gravité de la situation sociale et politique dans laquelle nous sommes, si chacun prend la mesure du danger que représente pour notre République, pour notre modèle social, la « nouvelle alliance » idéologique entre la droite néo-conservatrice et l’extrême droite, alors tout le monde réalisera qu’il n’est plus temps de tergiverser. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin », François Mitterrand nous l’a appris il y a déjà longtemps. A nous d’offrir à notre pays un autre chemin que celui de l’extrémisme et de la régression qui menacent aujourd’hui les esprits. Donnons toutes ses chances à la gauche et bien au-delà, à notre démocratie pour 2007. Ensemble nous pouvons trouver le chemin du rassemblement et de la victoire dans le respect de l’identité de chacun. Ne laissons pas passer cette chance. |